LES ALLIANCES NATIONALES CONTRE LA FAIM

Que faites-vous pour combattre la hausse des prix des denrées alimentaires?

La situation varie suivant les pays. Mais, dans la plupart d’entre eux, la brusque flambée récente des prix mondiaux des aliments se reflète dans la hausse des prix sur les marchés locaux.

Dans les pays riches, où la plupart des gens ne dépensent qu’une part limitée de leur revenu en aliments, chacun se plaint de la montée des prix mais la majorité des consommateurs ne changera probablement pas ses habitudes alimentaires. Cependant, partout, dans les pays en développement comme dans les pays développés, les prix alimentaires croissants frappent très durement les familles pauvres. Si vous dépensez normalement les deux tiers de votre revenu en aliments et que les prix augmentent de 50 pour cent, vous n’aurez d’autre choix que de réduire la quantité de vivres que vous et votre famille achète et consomme. Cela veut dire que, si aucune mesure de lutte n’est appliquée, de plus en plus de personnes sont destinées à être piégés par la famine, conduisant inévitablement à la maladie ou à un décès prématuré. Ces personnes risquent de mourir de faim malgré l’abondance des aliments disponibles.

Le revers positif de la médaille est que les prix élevés favorisent les agriculteurs – à condition que ce soit eux, plutôt que les intermédiaires, à en jouir. Des prix plus élevés amélioreront leur revenu et les encourageront à investir dans l’expansion de leur production, stabilisant, par là même, les prix des aliments.

Dans certains pays, les inquiétudes concernant les pénuries alimentaires et la hausse des prix ont provoqué des niveaux galopants de spéculation et d’accumulation des approvisionnements. Il peut en résulter une situation où, d’une part les aliments abondent dans le pays et, d’autre part, les gens meurent littéralement de faim car les prix des vivres ne sont plus à leur portée.

Les alliances nationales contre la faim ont un rôle très important à jouer dans ces cas. Elles doivent garantir que soient prises, dans leur pays, des mesures aptes à permettre à chacun de mener une vie saine. Parmi les moyens qu’elles ont de contribuer à résoudre le problème figurent les suivants:

1. Surveiller l’évolution des prix des aliments et des approvisionnements et savoir qui en profite et qui en est privé.

2. Identifier les catégories d’individus qui sont le plus exposées à la faim et la malnutrition et évaluer l’envergure du problème.

3. Rencontrer les familles qui souffrent des hausses des prix des aliments et connaître leurs stratégies d’adaptation et les solutions auxquelles elles aspirent.

4. S’entretenir avec les représentants des ministères concernés et des départements responsables des approvisionnements alimentaires, de la sécurité sociale, de la santé, des droits humains et de l’agriculture afin de savoir comment ils abordent la question.

5. Rencontrer les commerçants de céréales et débattre avec eux des moyens de freiner la spéculation et l’accumulation des approvisionnements, et parvenir à une entente.

6. Si les mesures prises sont insuffisantes, encourager le gouvernement et les principales organisations de la société civile à identifier, concevoir et mettre en oeuvre des solutions immédiates, en mettant l’accent sur celles qui ne compromettront pas pour les agriculteurs les incitations à développer la production alimentaire future.(voir l’encadré ci-dessous).

7. Mettre au courant les médias de la situation et des solutions proposées. Àvec l’aide des médias, suggérer aux individus ce qu’ils peuvent faire pour améliorer leur sort.

8. Contacter les organisations internationales, en particulier celles qui sont membres de l’Alliance internationale contre la faim (FAO, FIDA, PAM, Bioversity International, UNICEF), les renseigner sur ce que vous faites et leur indiquer les domaines où leur assistance peut s’avérer utile.

9. Contacter d’autres alliances nationales contre la faim qui pourraient avoir de l’expérience en la matière et les inviter à vous en faire part.

10. Aider les organisations responsables à mettre en place des systèmes de suivi afin de détecter les déficiences alimentaires et de veiller à ce que les programmes visant à résoudre le problème soient mis en œuvre de manière équitable et atteignent les familles qui en ont le plus besoin.

Quelques dispositifs de sécurité

1. Formuler ou développer des programmes prévisibles de transfert d’espèces ou de bons d’alimentation à l’intention des pauvres, afin de leur permettre de satisfaire leurs besoins alimentaires.

2. Multiplier les programmes de repas scolaires fondés sur les achats d’aliments locaux et les jardins potagers scolaires.

3. Multiplier les programmes d’alimentation maternelle et infantile en utilisant, dans la mesure du possible, des aliments produits localement.

4. Ouvrir des magasins à prix modérés pour les personnes nécessiteuses approvisionnés, si possible, grâce à la vente des stocks céréaliers détenus par le gouvernement.

5. Ouvrir des soupes et restaurants populaires pour les urbains pauvres.

6. Offrir des incitations (dégrèvements fiscaux, par exemple) aux sociétés privées qui fournissent quotidiennement à leurs ouvriers des repas gratuits ou subventionnés.

7. Encourager les programmes vivres-contre-travail ou travail-contre-rémunération-en-espèces à l’intention des pauvres physiquement aptes.

Les subventions alimentaires générales sont faciles à introduire mais elles ne sont pas recommandées car elles tendent à perturber le marché des produits agricoles et à réduire les incitations à développer la production future.

Veuillez fournir à l’AICF des détails sur l’impact de la hausse des prix dans votre pays et sur les mesures de lutte adoptées par les alliances nationales.

 
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