Forum des Organisations de la société civile

Forum des Organisations de la société civile

à la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies

 3 juin 2008

Le Forum avait pour but principal de donner voix au chapitre aux analyses et aux préoccupations des agriculteurs, représentants et ONG sur la crise actuelle de la sécurité alimentaire. Sur sept orateurs des OSC/ONG, la majorité étaient des agriculteurs d'Afrique, d'Europe, d'Amérique latine et d'Amérique du Nord. Plus de 150 personnes étaient présentes, dont des représentants des OSC, ONG, délégations gouvernementales auprès de la Conférence, Nations Unies et autres organismes de développement, ainsi que la presse. Douze personnes ont fait de brèves interventions de l'auditoire.

 Les quatre grands aspects abordés ont été les suivants:

•  Le principal consensus dégagé par le Forum a été de donner plus de place aux voix, préoccupations, priorités, préférences, analyses et recommandations des agriculteurs et autres populations rurales dans la formulation et la mise en œuvre de politiques, stratégies et programmes visant à faire face aux crises -actuelles et futures- de sécurité alimentaire. Ces catégories sont notamment les petits agriculteurs, les pêcheurs, les habitants des forêts, les éleveurs, les peuples indigènes, et surtout, les femmes, qui sont mal représentées dans les négociations actuelles. Au-delà de la crise économique, nutritionnelle et écologique, la situation actuelle a été décrite comme une crise des droits de l'homme. Tous les efforts des parties prenantes pour répondre à la crise tireront profit de l'application du droit de l'homme à l'alimentation.

•  Les dimensions écologiques et technologiques de la crise actuelle ont été citées par tous les orateurs. Quasiment tous étaient d'avis que le modèle dominant de production est insoutenable; la plupart estimaient que les approches écologiques à petite échelle, adaptées aux conditions locales, et orientées sur le contexte national avaient été sérieusement sous-estimées et devraient jouer un rôle bien plus important dans toutes les initiatives, en particulier face au changement climatique. Les alternatives à l'agriculture orientée sur le marché mondial et à forte intensité d'intrants chimiques devraient faire l'objet d'une plus grande attention de la part des responsables politiques, des chercheurs et des programmes d'intervention. Les politiques nationales qui donneraient de la marge au renforcement des systèmes de production localement adaptés, y compris aux réglementations, devraient être encouragées.

•  Tous les orateurs ont réaffirmé que la production vivrière devrait recevoir la plus haute priorité de tous les partenaires. Dans ce contexte, presque tous ont souligné que le détournement de la production vers les cultures bioénergétiques devrait dans tous les cas être envisagé avec prudence.

•  La plupart des orateurs ont déploré la participation relativement faible des OSC/ONG aux processus de cette Conférence. L'importance de porter les messages du Forum aux Parties négociant la Déclaration de la Conférence et du Comité plénier, et d'assurer le suivi au niveau national, a été soulignée par la majorité des orateurs, et plusieurs options ont été examinées.

L'esprit du Forum s'est avéré positif, constructif, à certains moments passionné, mais surtout, déterminé.